Les essais internationaux de médicaments soulignent l’avenir du traitement du cancer

Un chercheur pipetant des objets

Les découvertes en laboratoire font maintenant leur chemin dans les essais cliniques

Comme nous l’avons signalé hier dans notre fil d’actualités, deux nouveaux essais internationaux rapportent encore plus d’avantages d’un nouveau médicament expérimental contre le cancer appelé olaparib.

Chez Cancer Research UK, nous sommes très optimistes quant à ce médicament, que nos scientifiques ont joué un rôle clé dans le développement. Il s’agit d’un nouveau type de médicament anticancéreux, appelé inhibiteur de PARP, qui cible les erreurs individuelles dans certains gènes – les gènes BRCA – qui se produisent souvent mal dans le cancer.

Les deux nouveaux essais, tous deux publiés dans The Lancet, examinent l’efficacité de l’olaparib dans le traitement des femmes qui ont hérité d’une copie défectueuse de l’un de leurs gènes BRCA et qui ont développé par la suite un cancer de l’ovaire ou du sein. Ils s’appuient sur les promesses montrées dans les essais précédents, bien que le médicament doive encore être étudié plus avant avant de pouvoir – espérons-le – en faire une utilisation de routine.

Mais c’est une erreur de penser que l’olaparib est un médicament « pour » le cancer du sein ou de l’ovaire.

Au lieu de cela, il s’agit d’un médicament « pour » des cancers avec certaines mutations génétiques. C’est une façon très différente de voir les choses. Les chercheurs qui ont dirigé l’essai sur le cancer de l’ovaire, le Dr William Audeh, l’ont résumé ainsi :

«Jusqu’à présent, les traitements contre le cancer étaient sélectionnés en fonction de l’endroit du corps où le cancer était originaire. Ces deux études suggèrent que c’est la faiblesse génétique sous-jacente d’un cancer, et non l’organe d’origine, qui est la clé du choix d’un traitement efficace.

Essentiellement, il s’agit d’un aperçu de l’avenir du traitement du cancer – les patients sont regroupés ou « stratifiés » en fonction de l’ADN de leur tumeur, et non de la partie du corps dans laquelle elle se développe.

C’est un concept important, et il a fallu de nombreuses années de recherches minutieuses pour découvrir les connaissances nécessaires pour commencer à penser dans cette direction. Espérons qu’avec plus de recherche et d’investissement, nous pourrons commencer à faire de ce concept une réalité pour les patients atteints de cancer et sauver encore plus de vies.

Henri


Les références:

Tutt, A. et al (2010). Olaparib, un inhibiteur oral de la poly(ADP-ribose) polymérase, chez des patientes présentant des mutations BRCA1 ou BRCA2 et un cancer du sein avancé : un essai de validation de principe Le Lancette, 376 (9737), 235-244 DOI : 10.1016/S0140-6736(10)60892-6

Audeh, M. et al (2010). Olaparib, un inhibiteur oral de la poly(ADP-ribose) polymérase, chez des patientes présentant des mutations BRCA1 ou BRCA2 et un cancer de l’ovaire récurrent : un essai de preuve de concept Le Lancette, 376 (9737), 245-251 DOI : 10.1016/S0140-6736(10)60893-8